Rodrigues et Schlesser, première victoire d’étape!

04/10/2011

Hier soir, au cours du briefing, Daniele Cotto avait insisté sur le charisme de l’étape 2, l’annonçant plus difficile que celle d’ouverture. Il ne s’y est pas trompé, le secteur sélectif long de 473km sur les 476 de la journée, n’a pas été tendre avec les concurrents.

Côté moto, tout d’abord, Helder Rodrigues (Yamaha) en conquérant du sable a bien œuvré en sortant le grand jeu. Il remporte le secteur sélectif après s’être élancé en quatrième position soit 8 minutes après Marc Coma. L’Espagnol, quatrième ce jour conserve l’avantage au général devant Rodrigues remonté en dauphin au général. L’écart est encore bien maigrelet pour permettre un quelconque relâchement du leader, 1mn 23 c’est trop peu au terme de la deuxième des six journées de combat.

Jakub Przygonski (2ème de la spéciale) égal à lui-même, roule comme un métronome s’assurant en deux jours une des marches du podium. Mais, cela ne lui suffit pas, ce soir le Polonais accuse 2mn 57 de Coma.

Après une journée de galère (embrayage cassé), ‘Chaleco’ Lopez a pris du plaisir au cours de l’étape malgré la chaleur. Le Chilien parti dernier ce matin a remonté les concurrents les uns après les autres pour terminer à la 5ème place. Le meilleur tricolore Edouard Boulanger sur Aprilia se classe à une honorable 12ème place (11ème au général) pour un retour à la compétition après six ans d’absence.

Coup double pour Jean-Louis Schlesser

En signant sa première victoire d’étape, Jean-Louis Schlesser au volant de son Buggy 2 roues motrices prend le commandement du rallye. Durant cette spéciale, le concepteur – pilote a longuement joué avec le vainqueur de la veille, le Russe Vladimir Vasiliev avant que celui-ci ne se plante dans les dunes où il endommageait les transmissions. Voie libre pour ‘Schless’ qui en ‘vieux briscard’, a augmenté de rythme pour s’échapper tel un coureur du Tour de France cycliste, vers la ligne d’arrivée. Derrière, les galères n’ont épargné personne. Parmi les anecdotes du jour, le Mitsubishi de Zapletal a piqué du nez derrière une dune et, le pilote du BMW X3, le roumain Costel Casuneanu qui roulait trop près lui a atterri dessus !

Autre malchanceux du jour, l’italien Pietro Cinotto au volant d’un Nissan Pathfinder de chez Dessoude (T2), il est parti en tonneau… quelques kilomètres après le CP1. Plus de peur que de mal pour l’équipage.

Au terme de cette journée, le classement se voit totalement renouvelé. Ainsi, derrière Schlesser pointe le valeureux Jun Mitsuhashi (3ème en 2010) à 29mn 24 du leader. Le Japonais navigué par le français Alain Guehennec, pilote un Toyota VDJ200 (T2) du Team Auto Body. Malgré un ensablement, le Russe Boris Gadassin (G-Force), troisième de l’étape remonte à la même place du général après s’être arrêté auprès de son infortuné équipier Vasiliev puis, de subir une crevaison.

L’équipage français, Bernard Touzery et Benoît Maurice (Buggy SMG ‘bio’) fait son bonhomme de chemin en rentrant dans le top 10 du général.

ILS ONT DIT

MOTOS

Helder Rodrigues (Yamaha 450), vainqueur: « Ce fut une étape très longue avec beaucoup de sable et de cailloux. Je suis parti 4ème ce matin et peu à peu je suis remonté sur la tête de course pour me retrouver devant avec Jordi (Viladoms). Je me suis calé sur le bon rythme et finalement à l’arrivée, l’effort a payé. Ces deux premières étapes furent assez difficiles pour la moto et le pilote mais j’apprécie et pour le moment tout se passe bien. »

Jordi Villadoms (Yamaha 450), 3ème : « J’ai assez vite recollé à Marc (Coma) puis j’ai passé les dunes sans problème en gardant la bonne cadence. Je me suis retrouvé avec Helder et chacun notre tour nous avons pris la tête des opérations pour finalement franchir la ligne d’arrivée ensemble. Je suis très content des performances de la moto car depuis deux jours la mécanique est très sollicitée. »

Marc Coma (KTM 450), 4ème et leader du rallye : « Ce fut une journée typique des Pharaons tant sur la longueur que sur la difficulté. Tous les éléments d’une grosse spéciale étaient réunis, du hors-piste, des dunes, un peu de cassant. J’ouvrais la piste et j’ai vu revenir Helder (Rodrigues) et Jordi (Viladoms) assez fort. Rouler sur 500 km de spéciale de ce type est un excellent entraînement pour doser son effort et adopter un bon rythme de course. Depuis deux jours, il faut assurer, mais la moto et le pilote se portent bien ! »

Chaleco Lopez (Aprilia 450), 5ème : « Je suis très heureux d’avoir pu repartir ce matin. J’ai bien profité de ma journée et je pense avoir bien roulé. L’étape était dure pour tout le monde mais, personnellement, c’était mieux que la veille ! »

Edouard Boulanger (Aprilia 450), 12ème : « Après six années d’absence, je ne suis pas mécontent de cette reprise, de surcroît, sur une moto que j’ai découvert hier… Sur la première étape, tout ne s’est pas déroulé comme prévu car après seulement 20km après le départ des Pyramides, les galères ont commencé (problème de court-circuit puis d’échappement). Aujourd’hui, jusqu’au km 400 je me suis senti très bien, notamment en passant les dunes. Malheureusement, sur la fin, ce fut beaucoup plus dur sur une piste cassante et ondulée où je n’ai pas réussi à trouver le bon rythme et finalement, je me suis relâché pour atteindre l’arrivée. Malgré tout, je conserve ma 11ème place au général, j’en suis très heureux ! C’est ma première course sur une 450cc. Le moteur est exceptionnel et la puissance est au rendez-vous. Mais au niveau du gain de poids, comparé à une 660 ou une 690, il n’y a pas grande différence, seulement 5 ou 10 kg, pas plus. Je ne suis pas convaincu que le passage à la 450cc pour des raisons de sécurité soit vraiment probant… »

AUTOS

Jun Mitsuhashi (Toyota T2), 2ème de la spéciale et du général : « Cette spéciale avait vraiment le format ‘Dakar’, longue et difficile. Nous avons été gâtés côté dunes, ce qui n’est pas toujours très simple avec le Toyota qui est très lourd. Mais avec une bonne pression des pneus au CP1, cela est passé sans problème et aucun plantage… Je suis resté très concentré et je pense ne pas avoir commis trop d’erreurs. Côté navigation, ce fut globalement moins compliqué qu’hier et comme d’habitude, Alain (Guéhennec) a fait du super boulot. »

Jean-Louis Schlesser (Buggy), vainqueur de l’étape et leader du rallye : « Encore une magnifique spéciale et des dunes splendides. Il a fallu se montrer assez malin avec Vasiliev qui ouvrait la piste mais ne tenait pas trop à rester devant au passage des dunes. Ce fut un peu le jeu du chat et de la souris. Finalement, il s’est posé. Nous avons augmenté le rythme et pris le large. La fin du parcours était très « remuante » et les 90 derniers kilomètres assez pénibles. »